Denis Pousseur – Mouvement

Denis Pousseur © Isabelle Françaix

Denis Pousseur © Isabelle Françaix

En l’absence d’un entretien avec le compositeur (ceci n’étant que partie remise), voici, après une brève introduction à son œuvre, sa présentation de Mouvement, pièce incluse dans le coffret anniversaire des 50 ans de Musiques Nouvelles.

L’œuvre musical de Denis Pousseur rejette les définitions univoques et arrache les lambeaux d’une étiquette « musique contemporaine » de plus en plus vague et difficile à ajuster sur les productions des compositeurs de notre époque. Autodidacte indiscipliné selon ses propres mots, né dans une famille hautement créative et féconde, fils d’un père prospectif et initiateur qui se réjouit du talent rebelle et audacieux de son fils, Denis Pousseur, à l’écart de tout académisme, interroge le passé et explore le futur. Il dévoue une grande partie de son temps au programme Sequenza d’aide à la composition, enseigne et conçoit des projets multidisciplinaires ouverts à la technologie de notre époque, même si la capacité des  infrastructures culturelles est encore peu propice à les accueillir. Curieux et lucide, il reste insoumis et disponible au futur… Si Denis Pousseur s’est davantage orienté vers la musique écrite dans les années 90, les musiques liées à la danse, au théâtre, au cinéma plus qu’une étape de son parcours sont une facette de son travail, qui n’est pas obsolète, souligne-t-il, puisque j’enseigne dans le domaine des musiques appliquées, c’est-à-dire liées à un autre média.

Mouvement est le prolongement d’une idée formelle mise en œuvre dans Le Silence du Futur (1992-93) : réunir un trio représentant les trois grandes familles instrumentales (cordes, vents et sons amortis) et les faire dialoguer dans une forme soucieuse d’équilibre où les trois « caractères » sont tour à tour mis en valeur. Le Silence du Futur (pour clarinette, violon, et piano) alterne neuf solos, duos et trios. Dans Mouvement, le violon est remplacé par le violoncelle et le piano par le marimba. La pièce, nettement plus courte, ne se déploie que sur trois mouvements. Le premier trio donne à la clarinette basse un rôle central légèrement coloré d’influences jazz, il est suivi d’un solo de violoncelle assez méditatif, et le cycle se termine par un trio très énergique contenant un grand solo de percussion. Ce troisième mouvement étant resté inabouti, les deux pièces réunies ici sont les deux premières parties de cet ensemble que l’on peut aussi entendre comme deux pièces indépendantes.

Propos recueillis par Isabelle Françaix – 2012

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