Reconstitution des vêpres de sainte Waudru – 11 octobre 2015 – 17h00

Une PREMIÈRE INTERNATIONALE dans le cadre de la SEMAINE ROLAND DE LASSUS / MONS 2015

Scholas Notre-Dame au sablon & Stella Matutina, direction Alicia Scarcez & Erik Trekels

Arnaud Van de Cauter (orgue mobile Rudi Jacques de la chapelle Notre-Dame du Sablon)

Vitrail de la collégiale Sainte-Waudru : orgue et chanoinesses © Isabelle Françaix

Vitrail de la collégiale Sainte-Waudru : orgue et chanoinesses © Isabelle Françaix

Les chœurs féminins Notre-Dame au sablon et Stella Matutina, attachés au service liturgique et à la promotion du patrimoine, rendent hommage à sainte Waudru, la sainte patronne de Mons, en reconstituant, à partir des antiphonaires du XVIe siècle et en costumes d’époques, l’office des vêpres que lui consacraient les chanoinesses.

Ces antiphonaires, manuscrits copiés pour les plus anciens vers 1593 par les chanoines de Saint-Germain de Mons et conservés à la Collégiale, constituent un patrimoine méconnu très important pour la région montoise. Les textes et les mélodies de leurs prières réunissent le culturel et le cultuel dans un souffle spirituel qui inspire l’homme contemporain.

Qui était sainte Waudru ? Qu’est-ce qu’un office propre ? A quoi se consacraient les chanoinesses de Mons ? Quel est le rôle de l’organiste lors des vêpres ? Vous trouverez de nombreuses réponses à vos questions dans les ENTRETIENS SUIVANTS :

Alicia Scarcez réunit culturel et cultuel

Arnaud Van de Cauter évoque la tradition des organistes

François De Vriendt évoque, à travers sa passion d’historien, la vie de sainte Waudru

Benoît Van Caenegem nous relate la vie des chanoinesses

Le Car d'Or (1780/1781) conçu pour processionner les reliques de sainte Waudru. © Isabelle Françaix

Le Car d’Or (1780/1781) conçu pour processionner les reliques de sainte Waudru. © Isabelle Françaix

« Sainte Waudru, aristocrate, abbesse et sainte » (+/- 620-688)

Source : Article de François De Vriendt extrait de La Ducasse rituelle de Mons, sous la direction de Benoît Kanabus, Editions RACINE, 2013.

Chaque époque a projeté sur Waudru ses idéaux de perfection et de grandeur : on l’a nommée « pieuse servante du Christ » (vers 850), « Duchesse de Lotharingie » (vers 1195), « Première abbesse de Mons » (XIIIe siècle), « Comtesse de Hainaut » (XVe siècle), « Fondatrice de la ville de Mons » (1627), « Modèle de l’épouse chrétienne » (1886) et « Montoise première » (1989)…

Waudru serait née vers 620-25, cinq ou dix ans avant sa soeur Aldegonde (630), au sein d’une puissante famille comme le reflète son prénom : Waudru du germanique Waldan-Drūt et du latin Waldetrudis : « celle qui gouverne de manière vigoureuse ». Waldan se retrouve dans le nom de son père : Waldebert. Waldebert est intendant du roi Clotaire II et administre les domaines royaux. Sa mère, Bertille, est la sœur de Gondeland qui est maire du palais et important militaire. Le domaine de la famille est à Cousolre, à trente kilomètres au sud de Mons.

Retable de la chapelle dédiée à sainte Waudru dans la collégiale. Scène peinte du mariage de Waudru et Madelgaire © Isabelle Françaix

Retable de la chapelle dédiée à sainte Waudru dans la collégiale. Scène peinte du mariage de Waudru et Madelgaire © Isabelle Françaix

Waudru se marie vers 12-13 ans à un homme de son rang, Madelgaire. Des quatre enfants qui leur sont attribués, seule Aldetrude (future abbesse de Maubeuge) est authentifiée avec assurance. Et Madelberte certainement. Landry et Dentelin sont absents des écrits avant le XIe siècle, ce qui met en doute leur existence. Dans un premier temps, il est vraisemblable que Waudru et Madelgaire gèrent leurs domaines et participent à la vie publique. Pourtant, selon l’hagiographe de Waudru, « un changement s’opéra en elle », comme une métamorphose radicale et subite. Elle se désintéressa soudain des attraits du monde et des privilèges, aspirant à une expérience religieuse. La cause de ce renoncement aurait donc été purement spirituelle : Waudru appelée par Dieu répondit à une recherche intérieure et au souci d’aider les plus démunis, les pauvres, les orphelins, les veuves, les prisonniers, les étrangers et les voyageurs. Elle aurait convaincu son époux d’une séparation d’un commun accord afin qu’ils se consacrent tous deux intégralement à Dieu. Madelgaire se retira au monastère d’Hautmont (à 5 km de Maubeuge). Plus tard, il jeta les fondations de l’abbaye de Soignies et prit le nom chrétien de Vincent (« victoire sur les vices »). Waudru fit acheter par un aristocrate influent, le dux Hydulphe, la butte montoise où elle désirait s’installer. Il y édifia un oratoire dédié à saint Pierre et une modeste habitation dédiée à la vie monastique.

François De Vriendt s’interroge : pourquoi Waudru choisit-elle Mons, un terrain à acheter, plutôt qu’un lieu situé sur ses nombreuses propriétés ? Cette colline n’est probablement pas un endroit si désolé : il y aurait des ruines plus ou moins importantes, vestiges d’une ancienne fortification gallo-romaine. L’emplacement est sur un replat de la colline, à l’abri des vents du nord et des inondations, à proximité de la source de la Seuwe, et qui offre un vaste poste d’observation sur la vallée de la Haine. Par ailleurs, on chuchote qu’un nommé Ghislain, ermite et conseiller spirituel de Waudru, lui aurait désigné la colline montoise comme lieu idéal pour sa vocation. D’autres spéculent sur les raisons plus politiques de cette retraite : Madelgaire serait tombé en disgrâce…

Quoiqu’il en soit, l’expérience mystique de Waudru semble foncièrement humaine. Les témoignages historiques autant qu’hagiographiques, décrivent une vie édifiante de piété et de bonté. « Waudru, précise François De Vriendt, incarne les valeurs généreuses de l’église dans la société mérovingienne. Dans un temps où la force et les armes font loi, elle se soucie des faibles, des veuves et des orphelins. Elle accueille les voyageurs et les étrangers, à une époque où l’on a presque délaissé les xenodochia (les hôpitaux avant la lettre). Dans la société qui pratique l’esclavage, elle rachète les prisonniers. » C’est une humaniste avant la lettre dont l’exemple force l’admiration et attire autour d’elle des femmes « de noble naissance ». Un monastère se forme dont elle devient naturellement l’abbesse, régi par une règle bénédictine avec usages propres.

C’est à sa mort que la vox populi la déclara sainte et en 1039 que l’évêque de Cambrai officialisa sa canonisation.

Vers 1149-1150, les religieuses de l’abbaye de sainte Waudru cesseront de suivre la règle de saint Benoît et s’engageront à respecter les divers articles d’un règlement, devenant alors chanoinesses d’un chapitre noble.

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